Ma démarche explore les relations entre la nature et la photographie, entre perception et expérience du visible. Par l’expérimentation de procédés analogiques et alternatifs, j’interroge les modes de fabrication de l’image et les conditions de sa lecture, tout en ouvrant d’autres formes d’attention au vivant, sensibles à ses transformations, à ses fragilités et aux traces qu’il laisse dans l’image.
Mon travail prend appui sur des fragments issus de mon environnement quotidien : présences végétales, paysages, traces et textures que je collecte, observe et recompose. En créant des décalages entre le sujet et son référent, je questionne la photographie non seulement comme outil d’enregistrement, mais également comme surface de transformation.
À travers des manipulations, des empreintes, des numérisations instables et divers procédés d’enregistrement et de développement photographique, je m’intéresse à ce qui, dans l’image, se dépose, se déplace, s’altère ou résiste. Entre apparition et effacement, lisibilité et trouble, mes œuvres cherchent moins à fixer le réel qu’à faire émerger des formes sensibles et instables, marquées par la lumière, le geste, le contact avec les matières et l’altération des différents supports que j’utilise.
Mes œuvres deviennent des espaces poétiques où le temps et les surfaces offrent des lieux de rencontre entre le réel et l’imaginaire, le visible et l’absent. Elles ouvrent ainsi un champ d’expérience où l’image, loin de se fixer, demeure traversée par l’altération, la mémoire et le devenir.
